vendredi 14 janvier 2011

Yohann Malory : Un nouveau souffle au rock français



Détendu, à peine coiffé et le sourire comme accroché à ses lèvres, Yohann Malory, la nouvelle recrue de chez Mercury Universal nous promet du changement dans le paysage musical français. A 26 ans, après des projets musicaux qui ne l’ont pas emmené là où il voulait, il ressort de sa taverne. Il fait table rase sur son passé artistique et nous présente son premier vrai album "rock". Il semblerait qu’il ait enfin trouvé le style qui lui colle à la peau.


Comment es-tu arrivé dans le milieu?
Au début, j’ai rencontré des personnes qui  m’ont fait faire des maquettes que j’ai présentées à Universal Publishing et j’ai réalisé 15 titres. Enfin, j’ai signé avec le label Mercury.

Pourquoi  t'es-tu orienté vers ce style musical?
Dans les années 90 j'écoutais du rap français, du rap américain aussi. Mes parents écoutaient tout autre chose. Et aujourd'hui, j'ai élargi ma palette musicale. Actuellement, de toutes manières, notre génération écoute de tout. On mélange tout. Moi par exemple, j’aime l’écriture de la chanson française, comme chez Gainsbourg, j’aime les mélodies dans la pop, l’énergie du rock et les côtés contestataire, rebelle et provocateur qu’on peut trouver dans le rap. Je peux très bien écouter les Doors, les Strokes, Jay-Z, Lil' Wayne en passant par Les Libertines et les Virgins.



Tu en es ou artistiquement parlant?
Mon album est terminé, on entre en studio bientôt pour l’enregistrer en conditions live, c’est-à-dire pour enregistrer tout d’un coup et en même temps, et obtenir un son précis. J’ai fini mon répertoire, J’ai des textes de Brigitte Fontaine et les Shoes ont collaboré sur certains morceaux (groupe électro). On est censé terminer fin février début mars. Pour le moment nous avons 16 titres, mais je pense que nous n’en garderons que 12. Mais je ne peux pas en dire plus, pour le moment. Il y a juste le titre « Entre toi et moi » qui a été dévoilé grâce au teaser qu’on a réalisé en amont. Il était destiné, tout simplement, à décrocher un contrat en maison de disque. Je voulais leur faire comprendre l’univers dans lequel je vivais, l’esprit décomplexé dans lequel j’étais. Il fallait que je montre que je ne suis pas un de plus dans le paysage musical français. 

Finalement, tu en es fier de ton album?
C’est clairement mon VRAI premier album. Avant, je faisais de la musique pour rigoler, pour sortir ou m’amuser avec les filles. Là, j’ai tout mis. Je parle de pleins de choses que peut faire un mec de mon âge. Pour moi, il est beaucoup plus profond, plus personnel et musicalement, il est évidemment plus abouti. Et je vais le défendre à fond...

C’est quoi ton son du moment?
Two door cinema club, avec le titre "What you know".


Au printemps, le premier single sortira. Pas plus d’informations pour le moment. Maintenant, ce sont les radios qui décideront du sort de Yohann Malory… et surtout les auditeurs. 

IL est revenu

Michael Jackson est mort, et pourtant, il a sorti un nouvel album. On s'en doutait, comme après la mort d'autres grands mythes, il fallait bien qu'on nous livre des "inédits". Mais les fans sont sceptiques: ce ne serait pas la voix du plus blanc de tous les noirs.

"Michael Jackson fans unite against some tracks from the new "Michael" album". Voici le titre de la pétition (très sérieuse), lancée sur le net par les fans hardcore de MJ. Ceux-ci ont demandé expressément à Sony Music de ne pas sortir "un album entaché par le moindre doute concernant l'origine de certaines chansons". Mercredi 24 novembre 2010, 5900 signatures avaient été recueillies. Aujourd’hui (14 janvier 2011), on en comptabilise 7469.

Suite à cela, comme par magie, un sosie de Michael est apparu soudainement, affirmant dur comme fer être la voix enregistrée sur ce même album. Ce petit farceur, il s’appelle Ricky Galliano. Il a confié au journal britannique The Sun, avoir touché 2000 euros par chansons. Il a même ajouté qu'il avait enregistré les morceaux, en Octobre, dans un studio suisse de Lausanne... Un coup médiatique parfaitement monté par cet italien de 27 ans, qui est l'un des sosies vocaux de Michael les plus réputés. Mais pas le plus futé. 

Sony a démenti, et qualifié ces rumeurs de "farfelues". Le géant du disque a précisé qu'il prendrait des "mesures extraordinaires" pour prouver que c'est bien Michael Jackson qui chante sur cet album éponyme... "des mesures extraordinaires"... Oui, oui, oui... Sony avait également annoncé, en plus de la sortie de l'album mi-décembre, en France, un clip inédit "inachevé". Ce qui avait également suscité chez les fans une colère noire, arguant que le Roi de la pop n'aurait jamais accepté de dévoiler à ses fans un vidéoclip a moitié tourné. Quoi qu’il en soit, après écoute de «Michael», il faut se rendre à l’évidence : l’âge d’or du plus fascinant des Jackson est bel et bien terminée. 

Noir Désir, noir avenir (revue de presse de la semaine du 29 novembre au 5 décembre 2010)

Dans la presse cette semaine, un évènement majeur dans l'histoire du rock français : la séparation officielle et, à priori, définitive de Noir Désir. Les mags en parlent, même les quotidiens ont eu leur mot à dire sur la question. Mais de quel œil ont-ils vu la nouvelle ?

Même le Figaro s'est senti obligé d'en parler. Noir Désir, c'est terminé. L'article titré "Noir Désir : Barclay prend acte" ne fait parler aucun des acteurs principaux de cette triste scène. Cest le directeur général de la maison de disque, Olivier Caillart, qui a droit à la parole. Même si on lui attribue des propos plutôt sympathiques à l'encontre du groupe, il est triste, pour un passionné de musique, de constater  que 30 ans de carrière en sont réduis à trois malheureux paragraphes, où l’on ne parle que de gros sous. Cependant, même si l’angle choisi par le journaliste est largement discutable, la déclaration d’Olivier Caillart insiste sur le fait que c’est certainement la fin d'une "longue et passionnante collaboration qui aura marqué d'une empreinte indélébile l'histoire du rock". Le papier a au moins ça pour lui. 

Le site de Rolling Stone Magazine, étonnamment, n'offre que deux minces paragraphes à ses lecteurs. Le titre, peu vendeur, pose une simple question : « Noir Désir : la fin? ».  Même si le site a le mérite d’avoir l’info dans sa page d’accueil, l’article donne plutôt l'impression d'avoir été rédigé/balancé à la façon d’une brève sans interêt. Seul point positif : une déclaration de Serge Teyssot-Gay, le guitariste. "Je fais part de ma décision de ne pas reprendre avec Noir Désir, pour désaccords émotionnels, humains et musicaux avec Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d'indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années". Pour le reste, il faudra attendre que le site soit un peu plus alimenté...

Du côté des Inrocks.fr, on s’attache à sauver l’honneur des sites d’informations musicales. Un dossier entier est consacré au groupe + des liens externes renvoyant à d’anciens articles portant sur le groupe + une playlist spéciale Noir Désir. Ah, enfin! Comment ne pas consacrer un dossier à cette page qui se tourne ? Impensable. Dans les papiers on lit que Denis Barthe, batteur du groupe de rock français, a annoncé la séparation "apparemment définitive". Les journalistes qui ont collaboré sur ce dossier, spécial Noir Déz', déplorent clairement cette situation. Au fil des lignes, le lecteur ressent une réelle tristesse de la part des journalistes. Et c’est normal. "C'est pour le rock français, l'une des pages les plus importantes qui se tourne", écrivent-ils, qualifiant Noir Désir de "son plus fier étendard", "l'un des seuls à être respectés du monde entier" ayant su "allier intransigeance esthétique et succès commercial". Enfin un peu de reconnaissance! Enfin un peu de lucidité! Heureusement qu'on leur consacre un dossier : Noir Désir est le seul groupe de rock ayant existé en tant que tel en France (avec Indochine, à part dans sa catégorie). 

En plus de la mini biographie qui a été ajoutée au premier article expliquant la séparation du groupe, un second a été publié le mardi 30, novembre, sur le site des Inrocks, pour mieux expliquer le pourquoi du comment au lecteur. Un titre choc et clair: "Serge Teyssot-Gay rompt avec Noir Désir, Denis Barthe annonce la séparation".  On trouve à nouveau la déclaration du guitariste, à l'origine de la rupture (cf. paragraphe sur Rolling Stone Magazine). Cet article, en plus d'informer le lecteur, ne se cache pas de regretter la situation. Il termine sur une déclaration de Denis Barthe plus que triste pour les fans : "Ce n'est pas la fin du monde". La fin du monde, certainement pas, mais d'une époque, si.